Le Monstre du Challenge Classique


COUPE des DEUX PHARES 2011

05/01/2012 17:52

Des yachts d'exception

La vingtième édition de la Coupe des deux phares est lancée. Depuis hier, une vingtaine de superbes yachts classiques s'affrontent entre La Rochelle et Brest.

Bertrand Kerrand n'a pas manqué une seule édition de la course ; il est à bord de son yacht classique, « Kraken II ». photo r. b.

Chateaubriand racontait que les marins ne parlent pas la langue ordinaire, mais celle de l'océan et du ciel, du calme et de la tempête. Ceux-là mêmes se sont retrouvés, rassemblés au bassin des chalutiers, à l'occasion d'une coupe d'exception, entre les côtes charentaises et bretonnes.

Les marins, amoureux et passionnés de voile, souhaitaient des régates, à la mesure de leurs bateaux. Car les yachts classiques ne sont pas des coques comme les autres. Ils n'ont pas les mêmes quilles, ils n'ont pas les mêmes gréements. Des caractéristiques atypiques qui ont poussé Patrick Schnepp, le directeur du Musée maritime, à créer une jauge spécifique pour que les yachts classiques puissent concourir ensemble. Depuis presque vingt ans, la Coupe des deux phares s'est imposée comme le rendez-vous incontournable en Atlantique et en Manche, des courses au large de yachts classiques. Elle est organisée par le Yacht club classique de La Rochelle.  

« Kraken II »

Malgré ses 10 mètres de long, « Kraken II » reste l'un des plus petits bateaux de la flottille. Ce qui ne l'a pas empêché de remporter de nombreuses régates. « On est venu ici pour la course », raconte fièrement Bertrand Kerrand, qui souhaite, « comme tous les marins, en découdre ».

À 59 ans, le propriétaire de « Kraken II » n'est pas peu fier de son yacht, sur lequel il navigue depuis qu'il est gamin. « Il a été construit et mis à l'eau en 1949, sur un plan dessiné par Henri Dervin pour maître Donval », explique-t-il. Équipier de Jean Donval, son père Louis Kerrand l'embarque dès son plus jeune âge et lui fait partager ses aventures maritimes. « Dans les années cinquante et soixante, nous avons gagné beaucoup de courses, "Kraken" est multiple vainqueur du RORC [Royal Océan Racing Club] », annonce le marin, avant d'improviser une visite de son yacht.

Un carré qui permet d'accueillir huit personnes, et des portes qui séparent les différents lieux de vie entre la cuisine, la table à cartes et les couchettes. « Tout est d'origine, même le tabernacle », plaisante Bertrand Kerrand. Meublé en acajou, l'ensemble est verni et donne un résultat surprenant. « On l'a racheté en 1967 avec mon père. Il était dans un état pitoyable. On a tout remis à neuf », précise celui qui lui a donné une deuxième vie. L'équipage retenu pour la course n'est autre que sa fille, son fils, « la copine de ma fille, et son frère » : le challenge se lance en famille, ou presque.

La Coupe des 2 Phares, organisée par le Yacht Club Classique depuis 1992, est une référence dans la course au large à bord de Yachts Classiques. Elle mêle les marins britanniques et français, les gens de la grande et la petite Cornouaille, et les plaisanciers de la façade Atlantique.

Après le succès de la Coupe des 3 Phares, en 2010 (de Fowey/Cork à Brest puis La Rochelle), le YCC propose pour sa 19ème édition, une version innovante avec deux épreuves conjointes - Manche et Atlantique. Deux flottes s’élanceront l’une de Saint-Malo (Face Nord) et l’autre de La Rochelle (Face Sud) pour se rejoindre au port de Brest le samedi 13 août. Ce rassemblement s’achèvera par une régate finale courue en Rade de Brest : les Voiles d’Iroise.

Cette épreuve de prestige permettra d’observer, amarrés aux pontons du port du Château ou en manœuvre juste devant le quai La Pérouse, 17 voiliers classiques,

La 2 Phares enfin approche à grands pas et pour ma troisième participation, ça se complique : Saba, mon destrier habituel, est à l'écurie. Et c'est fichu pour la 2ème et 3ème étape, boulot oblige.

Faisant feu de toutes mes relations, c'est pistonné qu'une nouvelle monture m'accueille : the MTT (Mao Ti Toï), oui celui-même qui survole depuis le début de la saison le classement général. Super...! En mal d'équipage, ça l'arrange bien aussi. The fameux WinWin si cher à la Charente. Ravi également de rencontrer « un peu plus que d'habitude »

François le terrible et Lionel son fidèle acolyte, d'habitude mes « adversaires ».

J'arrive sur le quai vendredi soir par le dernier tgv, un peu tendu par la météo : avis de grand frais sur la Bretagne.

Effectivement, les nuits en attendant le départ furent agitées et bruyantes. D’autant plus que, pour ne pas perdre les bonnes habitudes, je dormais à bord de Saba. Comme Manu, baptisé Manu Christine Toi, en attente de la mise à l’eau de son new vieux canote. On dit même que son Altesse Conservatrice y passa aussi une nuit. Saba scotché fait dans l’abri côtier.

Nous nous retrouvons donc le samedi sur MTT III pour les quelques préparations finales, les inscriptions et rencontrons notre 4ème larron, larronne plutôt puisque c'est Béa, chaudement recommandée par la DGMM (direction générale du musée maritime) – comme quoi, le piston, ça marche ! - qui se lancera dans l'aventure.

Et prudemment le départ est repoussé...à lundi matin, au mieux. Sage décision, vu ce qu'on se prit dans la nuit ! (47 nœuds aux Baleines) Donc Dimanche repos, en villégiature, adorablement conviés par Martine of MTT à déjeuner à la maison et sieste dans le jardin vite transformée en transat sous spi (voir photo FofMTT)...

Lundi matin...enfin le départ décidé à 16h, précédé par une mémorable parade sous la pluie, les quais aussi déserts que ceux de Bizerte (voir site de Saba ici http://www.webmentvotre.com/saba/?p=3918).

Dernier briefing où des conditions encore musclées sont annoncées, vent force 6 plutôt dans le nez mollissant le lendemain, voire nul pour l'arrivée, une houle de 4m au début, un bon coef.de 75. Le parcours sera simplifié, on garde juste les Truies à tribord et l'arrivée à Lorient par la passe de l'Ouest, et ça aura son importance ! En tous cas, ça ouvre le jeu et les options de route sur cette longue étape de 140mn théoriques vont pouvoir fleurir...

Options, options. Nous avons bien eu le temps avant le départ d'échafauder toutes les hypothèses : au sud de ré, à l'ouest d'Yeu et de Belle-Île, ou tout à terre ? Ou un mixte de tout ça ?

On décidera de faire du nord, du nord, du nord en restant le plus à l'abri de Ré, vagues obligent, ensuite de traverser vers le continent et progresser à la côte jusqu'à la bascule nord, qui devrait nous emmener vers un long bord plein ouest, avant de remonter nord vers l'arrivée...pas de plans sur la comète car on imagine mal notre heure d'arrivée probable...

Et c'est ce qu'on fit... Départ 1er au Langlois, magnifique, au bateau comité, et on y restera jusqu'au bout, en tête !

La stratégie décidée est suivie à la lettre, la mer est dure, hachée dès qu'on s'écarte de la côte et c'est au près jusqu'aux Ilates que nous nous abritons au mieux de la côte. Le bateau ne tape pas, on va vite, mais alors, quelle lessiveuse§ A chaque croisement, notre avance, étonnamment, s'accroît. C'est à 2h du matin que nous atteindrons les Barges...secoués par une très forte houle, on tire encore 1h vers le nord avant d'être contraints par la côte à virer ouest et c'est parti pour un long long bord loin loin loin, bien au delà de Yeu.

L'équipage n'est pas très vaillant : ventre vide, mouillés, ballotés, c'est un équipage réduit qui assure la nuit. Aucun feu à l'horizon, mais où sont nos concurrents ? On apprend que 3 d'entre eux auront renoncé. C'est vers 9h du matin que nous décidons de remonter nord pour un long bord qui nous emmènera jusqu'à Belle Ile, atteinte au coucher du soleil. Bord idyllique, la mer se calmant au fur et à mesure et la trajectoire prenant de plus en plus d'ouest, le soleil généreux nous réchauffant.

- Allo, François, vous êtes-où ? Portables interposés avec Filof.

- Ancrés à 50 mètres de la ligne d’arrivée, pas de vent et 3 nœuds de courant dans le nez !

- Courage les gars.

- Allo, Bertrand, où est Krakou ? Même portable de Filof.

- On vient de passer Groix et je vois MTT scotché sur la ligne. Tout le monde est sur le pont pour optimiser les petits airs. Sauf Damien qui dort en dessous. Eloise est derrière.

Guerre des nerfs marins. Petits airs et grands espoirs.

2 H du matin, la Truie est là, clignotant comme dans les livres ! La fin est proche...Que nenni, le vent chute. C'est au moins 30 virements qui s'enchaineront dans la passe de l'ouest, le vent dans le pif, l'œil comateux rivé sur la trace du

GPS...on remonte, on remonte jusqu'à la citadelle. 4 h du matin, on appelle le comité...on va passer...oui oui allez, on étale encore. Pas pour longtemps, là où le courant est le plus fort, il nous refoule ! Horreur ! À 50m de la ligne ! Que dis-je, à 200m du ponton ! Il va bien falloir s'y résoudre : jeter l'ancre...2 seront nécessaires pour nous maintenir dans le courant. A la VHF, on nous confirme que la renverse, c'est 9h du matin...si près du but, si grande la fatigue, si dure ces nuits, si facile de tricher...Ah esprit corinthien, honneur, quand tu nous tiens !

La victoire n'en fut que plus belle.

Derrière, Rouvelon remontait. Sinbad avait fait demi tour, Nonna échangeait sa GV, Men Brial stoppait aux Sables d’O,

Panurge s’accrochait, …

Par Eric of Saba et MTT III réunis

 

LA COUPE DES DEUX PARES VUE PAR FANCH DE MAO TITOI

Les différentes éditions de la C2P se suivent mais ne se ressemblent pas.La 19ème du nom ne déroge pas à la règle avec ses deux faces Sud et Nord.Les navigateurs sudistes et expérimentés vous rappelleront que de La Rochelle à Brest le cap est au 345° , que la houle vient de l'ouest, les vents dominants, eux, sont plus souvent de NW que de NE et que le Raz de Sein ne s'ouvre pas toujours à la bonne heure ! Les navigateurs nordistes et expérimentés savent que de Saint Malo à Brest, non seulement, il faut négocier, toutes les 6 heures, des courants contraires (qui, cumulés sont plus redoutables que le Raz de Sein) mais surtout que la houle vient toujours de l’ouest,et les vents dominants sont W ou SW plus que NW ou NE. L'édition 2011 de la Coupe des 2 Phares s'annonçait, donc, pleine de suspens et soumise aux aléas météorologiques.

 

FACE SUD.

premiere etape :

Vendredi 5 aout , les derniers voiliers arrivent au bassin du Musée Maritime. Kraken 2 et son jeune équipage féminin auront attendu sagement à Port Joinville une fenêtre météo acceptable. Il y a là aussi, la Sereine et ses élèves-équipiers glénaniques et européens.

Samedi 6 aout .

Petit déjeuner,Inscription, pot d’accueil, suivi du repas des équipages.au Mistral.

Dimanche 7 aout.

Dès 10h30, pressons, tout le monde en piste, pour une Grande Parade dans le Vieux Port, malheureusement au moment même où La Rochelle se prend pour Cherbourg plutôt que pour Rochefort ( la faute à un certain Jacques DEMY) ! Briefing de fin de matinée,

avis de Grand Frais, « on rentre au bassin, les grands devant, les petits derrière... »

comme d'hab. Les 12 voiliers inscrits devront attendre 24 heures le passage du grand frais annoncé (jusqu'à 45 noeuds dans la nuit). et chacun de mettre met à profit ce délai pour affiner sa stratégie.

Lundi 8 aout.

La matinée est belle et la météo s'améliore. Lorsque le départ est donné, le vent oscille, néanmoins, entre 25 et 30 noeuds de WNW, la mer reste formée. Le Pertuis Breton , dans ces conditions, sera fatal à SINBAD, THALAMUS, NEREE et MEN BRIAL .

En fin de soirée, Roland D. prend des nouvelles de chaque équipage et informe des divers abandons. La nuit qui suit, sera humide et venteuse, le petit matin apportera un peu plus de calme et la montée vers le nord, amorcée dans l'après-midi deviendra moins houleuse et modérément ensoleillée. Roland continue de veiller sur ses troupes, par SMS, mais pas de réseau au delà de 5 milles des côtes !

Sur KRAKEN 2, les filles composent, avec une pointe d'humour, une ode pour la postérité. Près de BELLE-ÎLE, Solenn veille à la VHF, depuis sa passerelle, et nous sort de notre solitude aqueuse.La deuxième nuit fut plus longue dans le vent mollissant et le matin suivant, les portables rentrent en surchauffe, le suspens devient haletant pour les équipages : MTT est au mouillage, depuis presque 3 heures, à quelques encablures de la citadelle et de la ligne d'arrivée, et, Kraken 2, Rouvelon, Eloise 2 et la Sereine s'approchent de la Passe Ouest. En fin de matinée, ce mercredi 10 aout, tous les voiliers sont à poste au bassin d'Honneur de Kernével et les équipages profitent du retour du soleil. Bel et généreux accueil au sein du SNL, belle soirée au bord de l'embouchure du Blavet. Merci à Laurence pour sa disponibilité, sa patience et sa constance pour avoir veillé, de très bonne heure, sur une ligne d'arrivée longtemps inaccessible comme l'étoile de l'Homme de la Mancha !

 

 Deuxieme étape :

Merci au SNL pour son accueil qui permit aux uns comme aux autres de se ressourcer avant la deuxième étape. Jeudi 11 aout. Après un généreux petit déjeuner, toujours au sein du SNL, le départ est annoncé pour 14h00, la météo est mitigée SSW 3-4, virant W dans la nuit en mollissant...On contourne Groix par l'Est et les Glénans seront passés entre l'Île aux Moutons et les Pourceaux. Rendez-vous à Brest, dès que possible. Le magnifique GULLVEIG entre dans le jeu.Cette deuxième étape, bien que plus courte mit encore à rude épreuve les équipages. Louvoyage nocturne pour passer la Pointe de Penmac'h, longue et presque interminable Baie d'Audierne, temps couvert. ROUVELON fera escale à Audierne pour réparer sa grand voile. Mais surtout le passage du Raz de Sein et le vent faiblissant ne laisseront aucune chance à la grande majorité. KRAKEN II réusira à franchir le Raz en troisieme position et s'adjujera la deuxieme place à l'arrivée , très belle performance et merci à tout l'équipage. Félicitations sincères à LA SEREINE, PANURGE, NONNA, ET MOWGLI pour leur présence et leur persévérance.

Par Fanch de MAO TOÏ

 

Une petite chanson écrite pendant la COUPE des DEUX PHARES sur l'air du corsaire le grand coureur vous montrera l'embiance à bord pendant cette régate ou nous finirons deuxieme  de chaque étapes et en réel pour la premiere

 

   

                                                     L’histoire de la coupe des deux phares 2011
                                                                         1ère partie

                                               Le Kraken le grand coureur est un navire de bonheur
                                               Quand il s’en va en croisière à la chasse des deux phares
                                               ... Le vent, la mer, le courant se tournent contre le Kraken
                                               Allons les gars gai gai, allons les filles gaiement
                                               Il est parti de La Rochelle avec plus de vingt nœuds de vent
                                               Il embouque le breton naviguant comme un poisson
                                               Rouv’lon, Eloise et Sinbad tente de semer le poulpe
                                               Allons les gars gai gai, allons les filles gaiment
                                               La nuit vient just’ de tomber, le vent ne s’est pas calmé
                                               Le Kraken dans sa gloire se transforme en grosse passoire
                                               L’équipage tout trempé la nuit n’fait que commencer
                                               Allons les gars gai gai, allons les filles gaiement
                                               Le premier quart au Ricard, nous chassons un Yawl dans l’noir
                                               Ne sachant différencier qui d’vant nous se présentait
                                               Nous virâmes bâbords amure vers la côte pour être plus sure
                                               Allons les gars gai gai, allons les filles gaiment

 

                                               Et le lendemain matin, c’est l’réveil du sous-marin
                                               Arrivés devant st Gille, l’équipage encore agile
                                               Décide de tout mettre dessus pour avancer un peu plus
                                               Allons les gars gai gai, allons les filles gaiement
                                               Pendant cette belle journée qui fut fort’ment appréciée
                                               ... Les Krakous dans leur lancé enfin finissent par sécher
                                               Avant de s’refaire tremper, les mat’lots s’mettent à chanter
                                               Allons les gars séchés, allons les filles séchons
                                               Vient alors l’heure d’l’apéro, le cap’taine ouvre le bistrot
                                               Cocas, jus d’fruit et Ricard se mettent à couler à flot
                                               Le cap’taine et ses matelots font cap sur les Birvideaux
                                               Allons les gars gai gai allons les filles gaiement
                                               A la fin de cette journée, lorsque l’soleil rougissait
                                               Nouous vîmes à l’horizon deux voiliers se dessiner
                                               Toujours Eloise et Rouv’lon, Bord à bord nous nous suivions
                                               Allons les gars gai gai, allons les filles gaiement

 

 

                                               Et quelques heures plus tard nous r’voilà à l’heure des quarts
                                               Informés des positions de certains d’nos compagnons
                                               Mao Titoï très loin devant, nous l’rattrapons dans l’petit temps
                                               Allons les gars gai gai, allons les filles gaiement
                                               Arrivés devant le four à Windguru on a recourt
                                               ... Une tactique fut choisi pour raccrocher le Titi*
                                               L’adonnante tant attendue finie par pousser au cul
                                               Allons les gars gai gai, allons les filles gaiement
                                               Dans la pétole à Lorient, le bateau pris dans l’courant
                                               Le spi nous avons hissé pour éviter les rochers
                                               Nous finissons donc second sur la ligne d’arrivée
                                               Allons les gars gai gai, allons les filles gaiement
                                               Mao Titoï s'est réveillé , nos rêves ce sont envolés.

 

                                               il prendra donc le depart et abrégera nos espoirs.

                                               il sera le premier d'l'histoire d'la coupe des deux phares.

                                               bravo les gars gai gai, bravo les filles gaiement 

 

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